Combien d’actions posséder selon la taille de votre portefeuille ?

Parlons positionnement

On nous pose souvent cette question, alors on va vous donner une vraie réponse plutôt que le traditionnel «ça dépend».

Cela dépend effectivement, mais d’un facteur précis, la taille de votre portefeuille. Une personne avec 1 million de dollars et une autre avec 10 000$ ne devraient pas posséder le même nombre d’actions. Et la plupart des gens font l’erreur inverse. Plus le compte est petit, plus on a envie de posséder d’actions par peur de mettre tous ses œufs dans le même panier, alors que ce devrait être exactement le contraire. La logique de diversification qu’on vous enseigne à l’école n’est pas fausse mais elle est appliquée au mauvais moment de votre parcours financier.

10 000$

Si vous êtes ici, il y a de fortes chances que vous ayez une vingtaine d’années, que vous soyez encore en train d’apprendre et que vous débutiez. C’est une excellente position même si elle ne le semble pas toujours. Vous avez du temps devant vous et le temps est l’actif le plus précieux en investissement, bien plus que le capital lui-même.

Votre priorité actuelle n’est pas l’investissement mais le revenu. Passer vingt heures à analyser une entreprise pour gagner quelques centaines de dollars est la pire utilisation de votre temps à ce niveau de capital. Faites le calcul. Même un gain exceptionnel de 20% sur 10 000$ représente 2 000$. Ces mêmes vingt heures investies dans une activité secondaire, une formation ou le développement d’une compétence professionnelle peuvent vous rapporter bien plus. Et surtout, elles augmentent votre capacité à gagner de l’argent pour les décennies à venir. Ce n’est pas en bourse que vous deviendrez riche avec 10 000$, mais plutôt là où vous investissez vos gains, dans vous-même, dans votre carrière ou dans un projet.

Alors, faites simple, 2 à 3 actions maximum. Choisissez des entreprises que vous comprenez et dont vous pouvez suivre l’évolution sans y consacrer tout votre temps. Idéalement, des entreprises dont vous utilisez déjà les produits ou dont le modèle économique est facile à expliquer en deux phrases. L’objectif à ce stade n’est pas la performance maximale, c’est d’apprendre les mécanismes: comment réagir à une baisse de 15%, comment lire un rapport trimestriel, comment ne pas paniquer, etc.

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Et cela suppose que vous ayez déjà une épargne de précaution. Si ce n’est pas le cas, elle doit être votre priorité absolue, sans exception. Vous ne voulez surtout pas être contraint de vendre une position à perte de 20% à cause d’une panne de voiture ou d’une dépense imprévue. Un fonds d’urgence de trois à six mois de dépenses courantes, placé sur un support liquide, n’est pas négociable. C’est le socle qui vous permet de ne jamais investir sous contrainte.

100 000$

Vous pouvez désormais vous permettre de consacrer du temps à la recherche et cela commence à porter ses fruits. À ce niveau, une différence de performance de quelques points de pourcentage représente des sommes qui comptent réellement dans votre vie quotidienne.

Mais soyez honnête avec vous-même, 100 000$ ne représentent pas une somme qui change la vie de la plupart des gens, surtout si votre horizon est encore long. L’objectif principal reste d’accroître ses revenus, que ce soit par le salaire, un projet entrepreneurial ou une promotion. La différence, c’est que les gains en bourse sont maintenant suffisamment importants pour avoir un réel impact, et s’y investir sérieusement, sans en faire une obsession, est donc payant.

Un portefeuille de 5 à 7 actions est ici très solide. C’est suffisant pour ne pas être ruiné par un mauvais choix individuel et suffisamment peu pour bien connaître son portefeuille. Vous devriez être capable, pour chaque ligne, d’expliquer en quelques minutes pourquoi vous la détenez, ce qui pourrait la faire progresser, et ce qui vous ferait changer d’avis. Si vous ne pouvez pas faire cet exercice pour une position, c’est probablement le signe que vous avez trop de lignes ou que vous ne connaissez pas assez celle-ci.

C’est aussi le moment où beaucoup commencent à réfléchir à la répartition sectorielle, sans pour autant tomber dans l’excès de prudence du palier suivant. Deux ou trois secteurs différents suffisent amplement.

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1 000 000$

Avec un million de dollars, vous n’êtes pas à l’abri du besoin pour le restant de vos jours mais vous n’avez pas non plus à vous soucier d’argent pour les prochaines années. Cela change la donne et cela change surtout votre rapport psychologique au risque.

Le principal changement, c’est la protection. Si vous avez mis 15 ou 20 ans à constituer ce capital, le coût d’une grosse erreur ne se limite plus à l’argent, c’est aussi du temps perdu, du temps que vous ne pourrez pas récupérer aussi facilement qu’à 25 ans. Donc, pas de casino, pas de paris sur marge pour accélérer les choses. Ce n’est plus le moment.

Une dizaine d’actions, c’est bien ici. Vous pouvez ajouter un peu d’or, un peu de bitcoin si vous souhaitez diversifier vos investissements au-delà des actions traditionnelles, sans que cela représente une part disproportionnée du portefeuille. Diversifiez, mais pas trop. C’est là que beaucoup se trompent. Posséder 30 actions ne vous rend pas plus sûr, cela signifie simplement que vous ne savez pas vraiment ce qui se passe sur la plupart d’entre elles. Chaque nouvelle position représente une entreprise de plus à suivre de près, un rapport trimestriel de plus à lire, une thèse d’investissement de plus à remettre en question régulièrement. Au-delà d’une quinzaine de lignes, la plupart des investisseurs individuels perdent en réalité le contrôle plutôt que d’en gagner.

Il est important de préciser qu’un million n’a plus la même valeur qu’avant. Aujourd’hui, la somme que les gens imaginent lorsqu’ils entendent le mot millionnaire se situe plutôt autour de 3 millions de dollars, une fois l’inflation et le coût de la vie pris en compte. Ne calquez pas vos attentes de style de vie sur une définition qui date de plusieurs décennies.

10 000 000$ et plus

À ce niveau, la diversification sectorielle n’est plus une option mais une nécessité car les calculs changent complètement.

Votre objectif n’est pas de devenir riche. Vous l’êtes déjà. Votre objectif est de préserver votre patrimoine. Une perte de 50% sur un capital de 10 millions de dollars vous coûte 5 millions de dollars. Et il vous faut un rendement de 100% pour retrouver votre point de départ. C’est une réalité mathématique simple, mais qui échappe à beaucoup. Les pertes et les gains ne sont pas symétriques. C’est pourquoi les personnes fortunées sont plus prudentes. Elles protègent un patrimoine bâti sur des décennies, parfois sur plusieurs générations.

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L’objectif est un rendement annuel constant de 10% à 15%. Cela peut paraître peu attrayant comparé à la recherche d’un rendement multiplié par 10 sur une action spéculative, mais avec les intérêts composés, vous comprendrez pourquoi ce n’est pas le cas. Un rendement de 15% par an, maintenu sur quinze ans, multiplie un capital par plus de huit. La régularité l’emporte sur l’exploit ponctuel, surtout à cette échelle. À ce stade, beaucoup diversifient également au-delà des actions cotées: immobilier, private equity, obligations, voire des actifs générationnels comme l’art ou les objets de collection, dans une logique de préservation plutôt que de croissance pure.

La stratégie commune aux 4 niveaux

Petit compte, concentrez-vous sur les revenus et privilégiez la simplicité. Avec un gros portefeuille, concentrez-vous sur sa pérennité et diversifiez vos investissements.

L’erreur la plus fréquente est de faire l’inverse. On surdiversifie son portefeuille lorsqu’on n’a rien, en répartissant 5 000$ sur quinze actions, si bien qu’aucune action performante ne permet d’obtenir un résultat significatif. Et même si l’une d’elles double, l’impact sur le portefeuille global reste anecdotique. Puis, dès qu’on commence à avoir quelque chose à perdre, on se concentre excessivement et on devient imprudent, portés par la confiance acquise sur les premières années de succès.

Adaptez votre investissement à la taille réelle de votre portefeuille et non à celle que vous souhaiteriez avoir. Le nombre d’actions n’est pas une question de règle universelle, c’est une question de ce que vous avez à protéger et de ce que vous pouvez encore vous permettre de risquer.

Cathy Norton
Cathy Norton
Je baigne dans les cryptos depuis 2012. C'est un domaine qui me passionne. Et comme tout passionné, j'aime transmettre mon savoir qui grandit jour après jour. Un domaine infini qui se renouvelle sans cesse. C'est ça qui est passionnant.

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